J50 – Réponses aux questions des élèves du collège Jean Boucheron de Castillonnès (3)

J50 – Réponses aux questions des élèves du collège Jean Boucheron de Castillonnès (3)   Par Stéphanie et Jérémie 

L’expédition ACROSS ANTARCTICA 2014 est suivie notamment par les élèves de 6ème B et de 6ème C du collège Jean Boucheron de Castillonnès sous l’encadrement de leur professeur de géographie Monsieur Bruno Philippe.  Leur travail en relation avec l’expédition est soutenu par le rectorat de Bordeaux, a été validé par l’IPR d’histoire-géographie et participe à un concours académique et national sur le changement climatique dont il a déjà passé les pré-sélections.

Les élèves nous ont fait parvenir de nouvelles  questions – les réponses aux premières questions sont dans les posts du J31 et du J47 – auxquelles nous répondons ci-dessous pour leur permettre d’avancer dans leurs travaux.

1. La traversée de l’Antarctique est-elle l’expérience de votre vie ?

C’est une très belle expérience pour l’instant et nous espérons que notre vie sera remplie de nombreuses autres belles expériences.

2. Cette expédition n’est-elle pas trop sportive ?

C’est une expédition sportive car nous skions actuellement 10 heures par jour en tractant une pulka et skierons probablement 12 heures par jour les deux dernières semaines.  Ceci étant, ce n’est pas l’activité physique que nous trouvons le plus difficile dans cette expédition.  Au contraire, pour le Norvégien qui fait route avec nous, c’est cet aspect de l’expédition qui est le plus difficile.  Certains éléments compliquent en effet cette activité physique quotidienne : le vent, le froid extrême, les blessures et douleurs – il est impossible par exemple de s’arrêter pendant 3 jours pour soigner une tendinite, ou de consulter un dentiste en cas de douleur dentaire qui se réveille juste pendant l’expé ! – la limitation des rations alimentaires, poids des pulkas oblige (nous mangerions beaucoup plus chez nous si nous produisions le même effort).

3. Disposez-vous de prévisions avancées sur la force et la direction des vents ?

Nous disposons de prévisions à 2 jours. Le risque d’être confronté à une tempête est plus important en début et fin de saison (début novembre et fin janvier). A ce stade de l’expédition, nous avons dû faire face à un vent maximum de 70-80km/h de face. Le vent est généralement un vent de sud / sud est – de telle sorte que nous avons désormais le vent dans le dos car nous progressons vers le nord.

4. En cas d’incident météorologique, quelle est votre autonomie avant l’arrivée des secours ?

Nous ne sommes pas en difficulté tant que la tente résiste car nous avons des rations alimentaires (et notre consommation serait réduite si nous sommes immobilisés sous la tente). Si la tente ne résiste pas, l’autonomie serait très réduite et les secours ne pourraient de toute façon pas intervenir avant la fin de l’incident météorologique. La tente que nous utilisons a déjà fait ses preuves dans des vents de 150km/h donc nous ne sommes pas inquiets sur ce point.

5. Quel est le dispositif de crise ?

Nous appelons la société de logistique ALE tous les soirs pour lui donner nos coordonnées GPS.  Si elle n’a pas de nouvelles de nous pendant 48 heures, elle regarde si notre blog a été mis à jour dans l’intervalle et contacte notre Community Manager pour savoir si elle a des nouvelles de son côté. Si personne n’a de nouvelles, la société de logistique envoie un avion au dernier point qu’on lui a communiqué pour nous rechercher.

En cas de besoin de rapatriement – urgence médicale ou autre – nous pouvons faire appel à un avion pour nous récupérer. En fonction de l’éloignement avec une base, du terrain, de la météo, un Twin-Otter peut venir nous récupérer plus ou moins rapidement.  Depuis le pôle Sud, une évacuation du continent est ensuite possible soit vers Christchurch via la base Mc Murdo, soit vers Cape Town via la base Novo, soit vers Punta Arenas via la base Union Glacier. Pour une idée du délai : un aventurier parti le 28 novembre dernier du même point de départ que nous sur la Barrière de Ronne et qui souhaitait atteindre le pôle Sud a demandé à être rapatrié il y a quelques jours (pour cause d’épuisement) au degré 87 – il a dû pour cela se rendre sur une zone où un Twin-Otter peut atterrir et a attendu l’avion pendant 48 heures.

A suivre…


Across Antarctica 2014 soutient l’Association PetitS PrinceS.logo_petitsprincesAidez-nous à réaliser un rêve d’enfant chaque jour de l’expédition en participant – virtuellement – à l’expédition.