J65 – Réponses aux questions des élèves du collège Jean Boucheron de Castillonnès (8)

J65 – Réponses aux questions des élèves du collège Jean Boucheron de Castillonnès (8)   Par Stéphanie et Jérémie 

L’expédition ACROSS ANTARCTICA 2014 est suivie notamment par les élèves de 6ème B et de 6ème C du collège Jean Boucheron de Castillonnès sous l’encadrement de leur professeur de géographie Monsieur Bruno Philippe.  Leur travail en relation avec l’expédition est soutenu par le rectorat de Bordeaux, a été validé par l’IPR d’histoire-géographie et participe à un concours académique et national sur le changement climatique dont il a déjà passé les pré-sélections.

Voilà déjà quelques jours que nous répondons aux questions des élèves sur ce blog – cf les posts du J31, du J47, du J50, du J52, du J58, du J60 et du J63. Nous répondons ci-dessous à quelques autres questions.

1. N’est il pas difficile de suivre un timing serré quand on est fatigué, amaigri et seul dans de telles conditions ?

Devoir skier 11 heures ou plus chaque jour, pendant une vingtaine de jours, après avoir parcouru plus de  1.500 kms dans des conditions extrêmes, n’est pas simple. Les forces se sont progressivement réduites et la fatigue s’est installée mais la motivation est très haute.

Et nous ne sommes pas seuls. Pouvoir partager cette expérience unique en couple, et pouvoir transmettre des informations à tous ceux qui nous suivent via notre blog ou notre page Facebook (Runners to the Pole) nous motive encore plus.

2. Avez-vous l’impression d’avoir réalisé une petite partie des exploits accomplis par les premiers explorateurs du pôle Sud ?

Les premiers explorateurs du pôle Sud – notamment Amundsen et Scott en 1911 et Shackleton – ne bénéficiaient pas d’un équipement moderne comme le nôtre pour affronter le froid et pouvoir s’orienter. Surtout, ils progressaient en terre inconnue avec un niveau de risque beaucoup plus élevé. La fin tragique de l’expédition de Scott ou encore l’épopée de l’Endurance de Shackleton en attestent.  Certes ils avaient des chiens de traîneaux pour alléger l’effort physique mais nous ne pouvons pas ressentir, comme eux, la difficulté de naviguer dans l’inconnu, et l’isolement extrême (que nous ne recherchons pas d’ailleurs).

Ceci étant, l’Antarctique n’a pas changé depuis le temps des premiers explorateurs. Le même relief, les mêmes sastrugis, le vent et le froid extrême. Ces conditions auxquelles nous devons faire face durant notre expédition, eux aussi les ont rencontrées et affronter avec leurs moyens, et nous avons de cette manière l’impression de partager quelque chose avec eux.

3. Quelles sont les principales différences avec les autres expéditions auxquelles vous avez participé ? Notamment le marathon du pôle Nord.

Cette expédition est beaucoup plus longue et engagée que les autres expériences que nous avons pu avoir dans les régions polaires.

Le marathon du pôle Nord a été une très bonne expérience. Courir 42,195 kms sur la banquise de l’océan Arctique autour du pôle Nord géographique, par -30°C, nous a permis de nous confronter au grand froid dans le cadre d’un effort physique important.

Cette expédition est aussi très différente pour tout ce qu’elle implique en termes d’organisation logistique en amont (c’est un véritable projet qu’il a fallu monter de A à Z contrairement au marathon du pôle Nord qui est une course organisée) et en ce qu’elle s’inscrit dans un cadre de partage beaucoup plus général. Notre objectif n’est pas uniquement d’effectuer la traversée de l’Antarctique en ski sans assistance (pas de voiles de traction / kite) mais d’inscrire cette traversée dans un projet pédagogique, artistique et solidaire plus large.

4. La notion de temps est-elle la même en Antarctique ?

Oui – nous prenons les jours les uns après les autres. Les éléments importants pour notre gestion du temps sont essentiellement le délai maximum dont nous disposons avant de devoir être évacués (28 janvier au plus tard) et la quantité de nourriture et de fuel (pour faire fondre la glace avec notre réchaud) que nous transportons.

Le jour permanent – depuis plus de 2 mois – impacte aussi la notion de temps. Le soleil tourne autour de nos têtes sans jamais se coucher, ni même incliner sa course – ou alors de manière peu perceptible à ce stade.

5. Comment avez-vous apprécié de retrouver le genre humain au pôle Sud ?

Nous avions l’impression d’arriver de très loin. C’était très agréable de pouvoir partager le réveillon de Noël avec d’autres personnes au pôle Sud. Le repas fut simple mais l’ambiance excellente (et nous nous sommes d’ailleurs couchés un peu tardivement !)

À suivre…

Vous pouvez également nous suivre en direct sur notre page Facebook Runners to the Pole (page publique).

 


Across Antarctica 2014 soutient l’Association PetitS PrinceS.logo_petitsprincesAidez-nous à réaliser un rêve d’enfant chaque jour de l’expédition en participant – virtuellement – à l’expédition.